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Maître Henry De Ron : « Les valeurs de la profession et le facteur humain seront à mes yeux autant de clefs pour en faire un métier promis à un bel avenir »

8 février 2017 Professions du droit

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Maître Henry De Ron, Avocat à la Cour et Senior Associate au sein de l’étude Kleyr Grasso, a pris en septembre dernier ses fonctions de Président de la Conférence du Jeune Barreau de Luxembourg (CJBL) pour l’année judiciaire 2016-2017. Il nous livre quelques éléments de son parcours et ses objectifs à la tête de l’association.

POUVEZ-VOUS NOUS DÉCRIRE LE RÔLE ET LES MISSIONS DE LA CONFÉRENCE DU JEUNE BARREAU DE LUXEMBOURG ?

La CJBL a pour but de cultiver la solidarité confraternelle, de veiller aux intérêts des jeunes avocats et de prendre, après les avoir soumises au Conseil de l’Ordre, les mesures qu’elle jugera opportunes pour atteindre ses objectifs.

Tout en étant un relais, la CJBL se distingue par ses nombreuses activités. Celles-ci comprennent la promotion et la défense des intérêts de ses membres, l’organisation de conférences, la publication de travaux écrits sur des sujets qui intéressent la profession, la collaboration avec des organisations similaires étrangères.

La CJBL est aussi en charge de l’organisation de divers événements, qu’il s’agisse de fêtes, de réunions amicales et/ou confraternelles, ou de la rentrée et de la revue des Barreaux de Luxembourg et de Diekirch. Nous organisons aussi toute activité ayant un intérêt pour les jeunes avocats, comme le concours de plaidoirie.

La CJBL a également pour mission d’adopter des positions sur les sujets concernant la défense des intérêts professionnels des jeunes avocats et de chercher le dialogue avec les acteurs concernés.

COMMENT CONCILIEZ-VOUS VOS ACTIVITÉS D’AVOCAT AVEC CELLES DE PRÉSIDENT DE LA CJBL ?

C’est un défi qui nécessite une certaine organisation. Concilier les activités professionnelles et une présidence bénévole n’est possible que lorsque l’étude dans laquelle on travaille est favorable à cette cause.

AVEZ-VOUS DÉFINI DES PRIORITÉS POUR CE MANDAT ?

La priorité de ce mandat est de rendre les règles d’organisation interne de la CJBL plus accessibles et a fortiori plus transparentes. Ces règles n’ont plus fait l’objet de mise à jour depuis 1948. Nous souhaitons mieux définir les rôles et les missions de la CJBL évoqués précédemment.

Je ne négligerai pas la mise en avant des jeunes avocats. Ils sont l’avenir de la profession et ont de nouvelles vues à apporter sur notre métier.

VOUS ÊTES DIPLÔMÉ EN CRIMINOLOGIE ET EN DROIT PRIVÉ ; FINALEMENT AUJOURD’HUI, QUELLES SONT LES MATIÈRES DANS LESQUELLES VOUS TRAVAILLEZ LE PLUS RÉGULIÈREMENT ?

L’intérêt pour la question juridique, de préférence complexe, est le moteur de ma motivation.

A vrai dire, le droit civil et le droit pénal ne m’ont jamais quitté. Le droit de la responsabilité civile, le droit des assurances, le droit communal et le droit administratif, dans toutes leurs facettes, s’y sont ajoutés par intérêt pour des problématiques données.

VOUS ÊTES INSCRIT AU BARREAU DE LUXEMBOURG, DE NEW-YORK ET DE PARIS ; Y-A-T-IL DES DIFFÉRENCES SIGNIFICATIVES DANS LE FONCTIONNEMENT DE CES TROIS ORDRES QUI VOUS ONT MARQUÉES ?

Dans leur fonctionnement ces barreaux sont différents. Ceci tient à leur taille, mais aussi à la conception du métier d’avocat. Pour ne citer que quelques différences : aux barreaux de Paris et de Luxembourg, la différence entre l’avocat d’affaires et l’avocat plaideur est moins accentuée qu’à celui de New York. Le milieu des affaires y requiert un nombre impressionnant de jeunes : environ 6.500 nouveaux avocats sont admis au Barreau de New York à l’issue de chaque session d’examen.

Autre différence fondamentale : une fois admis au Barreau de New York, on devient avocat et il n’y a aucune obligation d’apprentissage du métier à travers une période de stage comme cela est la règle à Paris et à Luxembourg. L’absence de filtre permet certes une carrière plus fulgurante, mais aussi un désenchantement plus impressionnant puisque la moindre erreur ne pardonne pas.

Les règles déontologiques de l’Etat de New York divergent aussi sur certains points, notamment en matière de gestion de fonds-tiers, de règles relatives à la rémunération, etc.

Tous ont cependant une chose en commun : des règles déontologiques, la colonne vertébrale de la profession. J’en tire principalement l’enseignement qu’il faut rester ouvert et savoir s’adapter au changement. L’appartenance à deux barreaux européens me fait également prendre conscience que les directives européennes sur la profession d’avocat sont de nécessaires garants du libre exercice de cette profession au sein de l’Union européenne.

LA QUESTION D’UNE OBLIGATION DE RÉMUNÉRATION MINIMUM DES AVOCATS-STAGIAIRES A ÉTÉ ÉVOQUÉE À DE NOMBREUSES REPRISES CES DERNIÈRES ANNÉES ; AVEZ-VOUS LE SENTIMENT QU’UNE RÉFORME À CE SUJET EST ENVISAGEABLE À COURT TERME ?

Je ne partage pas l’idée d’instaurer une obligation de rémunération minimum de l’avocat-stagiaire. Depuis mes débuts, j’ai cependant toujours partagé l’idée de recommander une fourchette qui permet de vivre décemment à Luxembourg. Plus généralement, un tableau indiquant ce qu’un avocat indépendant obtient en moyenne à la fin du mois en revenu net pourrait être une autre piste de réflexion qui aurait le mérite de permettre non seulement au patron de stage de faire une proposition digne, mais aussi à l’avocat pressenti de savoir ce qu’il peut espérer en acceptant la rémunération qui lui est proposée. A cet égard, les patrons de stage et les avocats qui recrutent des collaborateurs doivent proposer une rémunération décente et versée de façon régulière.

La CJBL note que la prise de conscience du Bâtonnier a déjà fait évoluer les moeurs. Ceci dit, la CJBL reste à l’écoute et ne manquera pas de dénoncer au Bâtonnier les comportements qu’elle juge indignes de la profession.

ETES-VOUS SOLLICITÉ PAR DE JEUNES AVOCATS DANS LE CADRE DE PROBLÉMATIQUES PARTICULIÈRES ?

La CJBL est sollicitée dans toutes sortes de problématiques ayant trait à la profession. Comment s’inscrire au barreau de Luxembourg lorsque l’on vient d’un barreau hors de l’Union européenne, si on peut porter la toge parisienne (toge sans hermine sur l’épitoge) à Luxembourg, ou encore que faire lorsque le patron de stage quitte l’étude et qu’il n’y a plus d’autre avocat pouvant assumer cette fonction ?

PLUSIEURS PROJETS DE LOI SONT EN COURS EN MATIÈRE PÉNALE, NOTAMMENT LE PROJET DE LOI N° 7041 CONCERNANT L’EXÉCUTION DES PEINES ET N° 7042 CONCERNANT LA RÉFORME DE L’ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE ; LE JEUNE BARREAU PRÉ- VOIRAIT-IL DES SÉANCES DE FORMATION AU PROFIT DES AVOCATS (-STAGIAIRES) CONFRONTÉS AUX CHANGEMENTS EN MATIÈRE PÉNALE ?

D’emblée, il convient de dire que toute nouvelle loi apporte des changements auxquels il faut s’adapter. La matière pénale n’est pas la seule concernée. Je pense au projet de loi sur la simplification administrative, au projet de loi sur l’introduction du juge des affaires familiales, ou à l’évolution de la loi fiscale. Toutes ces modifications mériteraient également des formations ad hoc.

Une fois la loi concernant l’exécution des peines votée, la CJBL tentera d’organiser des formations qui réuniront tous les acteurs autour de la table, puisque la justice en fin de compte, ce n’est pas que les avocats, mais aussi les magistrats, les greffiers et tant d’autres qui sont confrontés aux changements dans la pratique.

QUOI DE NEUF DANS L’AGENDA DE LA CJBL ?

La CJBL a organisé le 11 novembre dernier un colloque en l’honneur des 20 ans des juridictions administratives, une nouveauté. Au printemps, elle organisera une revue du Barreau dans un théâtre. Il s’agira de montrer un peu d’impertinence, beaucoup d’humour et de joie pour passer l’année judiciaire en revue.

COMMENT VOYEZ-VOUS L’ÉVOLUTION DE LA PROFESSION D’AVOCAT DANS LES PROCHAINES ANNÉES ?

La profession devra continuer à s’adapter. Des sites comme Rocket Lawyer sont le « UBER » du monde juridique. Cette concurrence doit être prise très au sérieux, puisque le métier d’avocat comprend bien plus que la rédaction de documents juridiques. L’avocat est le confident nécessaire de son client et le secret professionnel, le fameux « attorney-client privilege » en est le garant incontournable.

Les enjeux seront de taille, mais les valeurs de la profession et le facteur humain seront à mes yeux autant de clefs pour en faire un métier promis à un bel avenir.

Legimag n°16 – Décembre 2016 – Interview.

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